Incontinence urinaire : types, causes et prise en charge

Incontinence urinaire femme prise en charge ostéopathique Rabat - Selma Outarahout

L'incontinence urinaire touche des millions de femmes dans le monde. Pourtant, elle reste souvent vécue dans la honte et le silence. Ce trouble se manifeste par des pertes involontaires d'urine. Il peut survenir à tout âge — chez la femme jeune, la femme enceinte, la jeune maman ou la femme ménopausée. Vous n'êtes pas seule, et surtout, des solutions existent.

En tant qu'ostéopathe spécialisée à Rabat, j'accompagne les femmes qui souffrent de fuites urinaires. L'ostéopathie intervient en complément de la rééducation périnéale et du suivi médical pour traiter les causes mécaniques, posturales et fasciales qui aggravent ces troubles.


L'énurésie : l'incontinence nocturne

L'énurésie est une incontinence nocturne des urines. Elle est physiologique pendant les premières années de la vie. Elle persiste jusqu'à ce que s'organise la maturation neuropsychologique de la continence. On distingue deux types : l'énurésie primaire, chez l'enfant qui n'a jamais été propre, et l'énurésie secondaire, qui réapparaît après une période de propreté plus ou moins longue.

Ce deuxième type a souvent une origine psychologique. La perte d'un parent, un déménagement, la naissance d'un frère ou d'une sœur peuvent en être la cause. Dans tous les cas, une évaluation globale de l'enfant est indispensable avant d'envisager une prise en charge.


Les incontinences urinaires vraies

L'incontinence urinaire d'effort

L'incontinence d'effort est la forme la plus fréquente chez la femme. Elle se définit par une perte involontaire d'urine lors d'un effort physique — en dehors de toute miction. La toux, l'éternuement, le rire, la course à pied ou le soulèvement d'une charge suffisent à déclencher la fuite.

Le mécanisme est simple : tout effort augmente la pression intra-abdominale. Si le plancher pelvien ne résiste pas à cette pression, une fuite survient. On distingue trois degrés :

  • Incontinence mineure : présente surtout en position debout lors d'un effort important
  • Incontinence modérée : survient systématiquement en station debout lors d'un effort
  • Incontinence grave : survient au moindre effort, quelle que soit la position

L'origine peut être myogène ou neurogène. L'origine myogène est la plus fréquente. Elle résulte d'une atteinte à l'intégrité de la musculature du périnée — obstétricale ou chirurgicale — ou d'une atteinte de la jonction urétro-vésicale lors de l'enceinte manométrique abdomino-pelvienne. La chute des œstrogènes à la ménopause joue également un rôle important en affaiblissant les tissus de soutien.

L'incontinence par urgences (ou impériosité vésicale)

Ici, le problème vient de la vessie elle-même, pas du périnée. La femme ressent un besoin soudain et pressant d'uriner. Parfois, la vessie commence à se vider avant même d'atteindre les toilettes. Ce phénomène est lié à une instabilité vésicale : la vessie se contracte de façon incontrôlée.

Ce type d'incontinence peut coexister avec des troubles de continence nocturne. Il nécessite une approche spécifique, différente de la rééducation périnéale classique.

L'incontinence à l'effort neurogène

Cette forme est liée à une dysfonction neurologique. La vessie autonome — flasque ou atonique — ne reçoit plus les commandes nerveuses correctes. Le principal symptôme est la miction par regorgement : la vessie se distend jusqu'à ce que la pression intravésicale dépasse la résistance urétrale, provoquant ainsi une fuite.

La fausse incontinence : la miction par regorgement

Les pertes d'urine sont ici dues à une rétention urinaire chronique. Un obstacle sur les voies d'émission des urines — comme une hypertrophie prostatique chez l'homme — empêche la vidange complète de la vessie. La pression vésicale finit par égaler la résistance urétrale, entraînant des pertes d'urine par petites quantités.


Les options thérapeutiques

La rééducation périnéale

La rééducation périnéale est le traitement de première intention pour l'incontinence d'effort. Elle repose sur une bonne compréhension de la part de la patiente. Elle nécessite une participation active et librement acceptée. Concrètement, la rééducation comprend plusieurs approches complémentaires.

D'abord, la prise de conscience périnéale. Elle passe par la palpation et la visualisation à l'aide d'un miroir. La patiente apprend à localiser ses muscles et à contrôler leur contraction de façon volontaire.

Ensuite, le travail musculaire actif. On travaille les muscles releveurs intravaginaux par toucher vaginal, via des techniques de facilitation neuromusculaire proprioceptive — mise en tension, technique du stretch-reflex, utilisation de la bougie anale, biofeedback et stimulation électrique fonctionnelle.

Enfin, la tonification du plancher pelvien. Elle vise à réduire ou corriger le prolapsus (S. Plevnik) et à renforcer le verrouillage périnéal à l'effort.

Le biofeedback

Le biofeedback est une technique de rétrocontrôle biologique. On utilise une sonde intravaginale ou un diabolot anal avec différentes possibilités de traduction sonore et de réglage des sensibilités. Le biofeedback vésical utilise le matériel de cystomanométrie. Il permet d'entraîner les réponses sphinctériennes vesico-sphinctériennes en vue d'obtenir le relâchement sphinctérien pendant la contraction du détrusor.

L'électrostimulation

L'électrostimulation est indiquée pour les instabilités vésicales, les incontinences d'effort pures et mixtes, les prolapsus ainsi que les douleurs et sciatalgies musculaires. On utilise une sonde intravaginale avec courants biphasés ou alternants à fréquence variable selon les pathologies :

  • 10 à 20 Hz : travail des fibres toniques — action sur l'instabilité vésicale en continu
  • 20 à 50 Hz : incontinences d'effort pures — travail des fibres phasiques rapides
  • 200 à 400 Hz : douleurs pelviennes

L'intensité se situe sous le seuil douloureux. La séance dure 15 à 20 minutes au maximum. Les exercices se font ensuite avec contrôle et résistance manuelle.

La relaxation

La relaxation complète efficacement la rééducation. Elle poursuit trois buts principaux : rechercher une détente générale chez les patientes émotives, développer la concentration et l'attention sur les exercices demandés, et augmenter la perception sensorielle dans les pollakiuries et les envies brutales dans les vessies à remplissage incomplet.

Les traitements comportementaux

Ces traitements visent à corriger les mauvaises habitudes de boissons — café, thé, vin blanc — dont la quantité et l'horaire doivent être adaptés. Le calendrier mictionnel est un outil précieux pour suivre l'évolution.

Le timing consiste à contrôler la quantité de liquide absorbé et à suivre un horaire fixe pour cette absorption. Le système urinaire s'habitue ainsi à travailler à des heures fixes pour certaines quantités. Le déclenchement de la miction se fait par une pression sus-pubienne qui facilite l'amorce de la miction et le vidage vésical.


La rééducation urogynécologique

La rééducation urogynécologique s'appuie sur un bilan uro-dynamique. Ce bilan fait l'expertise exacte des facteurs d'incontinence : débit-métrie uréto-cystomanométrie, profils urétraux statiques et dynamiques, électromyographie.

Toute rééducation devrait également commencer par l'apprentissage de la synergie thoraco-abdominale selon la technique du concept global Abdo-MG de L. Guillarme. Cette technique, basée sur des exercices simples et physiologiques, protège le système viscéro-pariétal de l'enceinte manométrique en orientant vers les voies aériennes la résultante des pressions abdominales.


La prise en charge des types neurologiques spécifiques

La vessie automatique (spastique ou centrale)

La lésion siège au-dessus du segment sacré. La miction est inconsciente, réflexe, périodique et complète. La rééducation vise à déterminer par expérience les heures approximatives de miction après une prise régulière de quantités toujours égales. L'objectif est d'éviter la miction automatique et inconsciente en anticipant la miction volontaire.

La vessie autonome (flasque ou atonique)

Elle résulte d'une lésion médullaire au niveau sacré. Le principal symptôme est la miction par regorgement. À la palpation, on perçoit la surdistension de la vessie. La pression sus-pubienne provoque une miction brève. On la retrouve surtout dans les paraplégies basses et flasques. L'autosondage non stérile à intervalles réguliers est très utile dans ce cas.

La vessie neurogène mixte

Cette forme cumule des signes divers et incomplets de lésions des premier et deuxième neurones moteurs. C'est la plus fréquente, notamment dans les paraplégies basses et les formes incomplètes. La prise en charge associe plusieurs méthodes, mais reste souvent insuffisante lors des efforts importants comme la toux.


Le rôle de l'ostéopathie dans l'incontinence urinaire

L'ostéopathie ne remplace pas la rééducation périnéale ni le traitement médical. En revanche, elle les complète efficacement. Elle recherche et traite les causes mécaniques qui aggravent l'incontinence.

Lors d'une consultation à Rabat, j'évalue plusieurs éléments :

  • La mobilité du bassin, du sacrum et des articulations sacro-iliaques
  • Les tensions du rachis lombaire et de la charnière lombo-sacrée
  • La mobilité du diaphragme respiratoire et son impact sur la pression abdominale
  • Les adhérences cicatricielles (césarienne, épisiotomie) qui tirent sur les fascias vésicaux
  • Les déséquilibres posturaux globaux qui surchargent le plancher pelvien

En travaillant sur ces dysfonctions, l'ostéopathie améliore l'efficacité de la rééducation périnéale et accélère la récupération. Elle est particulièrement précieuse en post-partum et après une intervention chirurgicale urogynécologique.


Questions fréquentes sur l'incontinence urinaire

L'incontinence urinaire est-elle normale après l'accouchement ?

Des fuites urinaires dans les semaines suivant l'accouchement sont fréquentes. En revanche, elles ne sont pas normales au sens où elles doivent être acceptées. Une rééducation périnéale précoce, associée à un suivi ostéopathique, permet dans la grande majorité des cas de retrouver une continence complète.

Peut-on guérir de l'incontinence urinaire sans chirurgie ?

Oui, dans de nombreux cas. La rééducation périnéale, le biofeedback, l'électrostimulation et les traitements comportementaux permettent souvent de supprimer ou de réduire significativement les fuites. La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec des traitements conservateurs.

À quel moment consulter pour des fuites urinaires ?

Dès l'apparition des premières fuites. Plus la prise en charge est précoce, plus les résultats sont rapides et durables. Il n'y a aucune raison d'attendre ou de banaliser ce symptôme.

Le sport aggrave-t-il l'incontinence urinaire ?

Certaines activités à fort impact — course à pied, sauts, sports de contact — augmentent la pression abdominale et peuvent aggraver les fuites. En revanche, la natation, le yoga et la gymnastique hypopressive sont bien tolérés. Une rééducation périnéale adaptée permet souvent de reprendre une activité sportive normale.

L'incontinence urinaire concerne-t-elle aussi les hommes ?

Oui. Les hommes peuvent être touchés, notamment après une prostatectomie ou en cas de troubles neurologiques. La rééducation pelvi-périnéale masculine est une spécialité à part entière qui donne d'excellents résultats.

Vous souffrez de fuites urinaires ? Ne les banalisez pas. Prenez rendez-vous au cabinet Selma Ostéopathe à Rabat pour une évaluation personnalisée et un accompagnement ad apté.