Le pessaire : traitement du prolapsus et guide d'utilisation
Le pessaire est un dispositif médical qui traite le prolapsus génital. Concrètement, il se place dans le vagin et soutient mécaniquement les organes pelviens — la vessie, l'utérus ou le rectum — qui ont tendance à descendre. C'est une solution efficace, réversible et bien tolérée. Elle convient particulièrement aux femmes qui souhaitent éviter la chirurgie ou qui ne peuvent pas y recourir.
En tant qu'ostéopathe spécialisée à Rabat, j'accompagne les femmes porteuses d'un pessaire. Mon rôle est de libérer les tensions compensatoires du rachis et du bassin. Ainsi, l'ostéopathie couplée à la rééducation périnéale optimise l'efficacité du pessaire et améliore le confort au quotidien.
Qu'est-ce qu'un pessaire ?
Le pessaire est un dispositif souple, généralement en silicone médical. On le place à l'intérieur du vagin, comme un tampon. Une fois en place, il est totalement imperceptible. Il existe sous plusieurs formes et tailles pour s'adapter à toutes les anatomies.
Il joue un double rôle. D'un côté, il soulage les symptômes du prolapsus — c'est son action palliative. De l'autre, il contribue à stabiliser la descente d'organe aux stades non avancés — c'est son action curative. Il convient principalement aux grades 1 et 2 du prolapsus.
Les différents types de pessaires
Il existe plusieurs modèles de pessaires. Chacun répond à un type de prolapsus et à une anatomie spécifique. C'est toujours le praticien qui détermine le modèle le plus adapté à votre situation. Voici les trois principaux modèles.
Le pessaire cubique
C'est le modèle le plus utilisé. Il présente quatre faces ventousées. Lorsqu'on l'introduit dans le vagin, il adhère à ses parois grâce à ces ventouses. Il maintient ainsi les organes pelviens en position correcte tout au long de la journée.
Le pessaire en anneau
Ce modèle prend la forme d'un anneau souple. Il convient particulièrement aux prolapsus modérés et aux femmes qui ont une bonne tonicité des parois vaginales. Pour le retirer, une légère poussée abdominale suffit. Il ne nécessite pas de ficelle.
Les pessaires avec cordon
Certains modèles disposent d'un cordon ou d'une ficelle. Ce système facilite le retrait quotidien. On le recommande souvent en début d'utilisation, le temps que la femme gagne en confiance et en autonomie.
Comment mettre son pessaire ?
La mise en place du pessaire s'apprend rapidement. Avec un peu de pratique, cela devient un geste simple et indolore. Voici comment procéder, étape par étape.
Avant l'insertion : les gestes d'hygiène indispensables
Avant toute manipulation, lavez soigneusement les mains et le pessaire à l'eau et au savon. Séchez-le avec un linge propre. Ensuite, lubrifiez-le légèrement pour faciliter l'insertion et prévenir toute irritation. Ces gestes simples évitent tout risque d'infection.
La mise en place, étape par étape
La position allongée est la plus confortable pour insérer le pessaire. Voici les cinq étapes à suivre :
- Étape 1 — Repositionner l'organe si nécessaire. Repoussez d'abord le prolapsus avec un doigt pour replacer l'organe dans sa cavité. La direction varie selon le type de prolapsus : vers le haut et l'avant pour un prolapsus cystocèle ou hystérocèle, et vers le haut et l'arrière pour une rectocèle.
- Étape 2 — Déformer le pessaire. Pliez-le d'une main pour réduire son volume. Ce geste facilite son passage à l'entrée du vagin.
- Étape 3 — Insérer le pessaire. Écartez les lèvres et insérez-le doucement. Si votre modèle possède un cordon, laissez-le à l'extérieur.
- Étape 4 — Le pousser au fond. Guidez le pessaire jusqu'au fond de la cavité vaginale.
- Étape 5 — Vérifier le positionnement. Avec un doigt, assurez-vous qu'il est bien calé derrière l'os pubien. Vous ne devez plus le sentir.
Une fois bien placé, le pessaire est totalement confortable. Vous devez pouvoir le porter toute la journée sans aucune gêne.
Comment retirer son pessaire ?
Le retrait est encore plus simple que la mise en place. La position debout est la plus pratique. Voici comment procéder :
- Introduisez un doigt entre le pessaire et la paroi vaginale pour le décoller doucement.
- Si votre pessaire possède un cordon, tirez-le vers vous pour l'extraire.
- Si votre pessaire est en anneau sans cordon, exercez une légère poussée — comme pour aller à la selle — tout en le guidant vers l'extérieur avec le doigt.
Après le retrait, lavez le pessaire à l'eau et au savon, séchez-le soigneusement et rangez-le dans un endroit propre jusqu'au lendemain matin.
Quand porter le pessaire et quand le retirer ?
Le pessaire se place le matin, dès le lever. On le retire le soir, avant le coucher. En position debout, la pesanteur sollicite en permanence le plancher pelvien. Le pessaire compense cette pression tout au long de la journée. En revanche, la nuit, la position allongée supprime cette contrainte. Le pessaire n'a donc plus d'utilité pendant le sommeil.
Par ailleurs, retirez toujours le pessaire dans deux situations supplémentaires :
- Pendant les règles
- Avant un rapport sexuel
Mon pessaire me gêne : que faire ?
Un pessaire bien ajusté ne gêne jamais. Si vous ressentez un inconfort, plusieurs explications sont possibles. Voici comment les identifier.
- Le pessaire est mal positionné. Vérifiez d'abord qu'il est bien calé au fond du vagin, derrière l'os pubien. Un simple repositionnement résout souvent le problème.
- Le pessaire est trop grand. Il provoque alors une sensation de lourdeur dans le bas-ventre et une pression inconfortable sur les parois vaginales.
- Le pessaire est trop petit. Il glisse facilement et ne remplit plus son rôle de soutien.
Dans tous ces cas, consultez rapidement votre praticien. Il adaptera le modèle ou la taille à votre anatomie. Ne supportez jamais un pessaire inconfortable — un dispositif bien adapté doit être totalement imperceptible.
Les avantages du pessaire face à la chirurgie
Beaucoup de femmes hésitent entre le pessaire et la chirurgie. Le pessaire offre plusieurs avantages importants qu'il faut connaître avant de décider.
- Il est réversible : vous pouvez arrêter son utilisation à tout moment, sans conséquence.
- Il est non invasif : aucune anesthésie, aucune incision, aucune cicatrice.
- Il est immédiatement efficace : le soulagement se ressent dès le premier jour.
- Il s'adapte aux différents stades du prolapsus, notamment les grades 1 et 2.
- Il est compatible avec une vie active : travail, marche, activités légères au quotidien.
- Il fonctionne sur plusieurs années avec un entretien simple et régulier.
Toutefois, il ne remplace pas toujours la chirurgie. Au grade 3 — prolapsus extériorisé — une intervention reste souvent nécessaire. Dans ce cas, le pessaire peut servir en attente de l'opération ou chez les femmes pour qui la chirurgie présente un risque trop élevé.
Le pessaire et l'ostéopathie : une complémentarité précieuse
Le pessaire soulage efficacement les symptômes du prolapsus. Néanmoins, il ne traite pas les causes mécaniques qui ont conduit à la descente d'organe. C'est précisément là qu'intervient l'ostéopathie.
En libérant les tensions du bassin, du rachis lombaire et du diaphragme, l'ostéopathie agit sur les facteurs qui favorisent ou aggravent le prolapsus. Elle améliore aussi la coordination du plancher pelvien et optimise l'efficacité du pessaire au quotidien.
Lors d'une consultation à Rabat, j'évalue et traite concrètement :
- La mobilité du bassin, du sacrum et des articulations sacro-iliaques
- Les tensions du rachis lombaire qui augmentent la pression sur les organes pelviens
- La mobilité du diaphragme et son impact sur la pression abdominale
- Les déséquilibres posturaux globaux qui surchargent le plancher pelvien
- Les adhérences cicatricielles post-partum ou post-opératoires
Ainsi, cette approche globale prolonge l'efficacité du pessaire. Elle retarde ou évite parfois le recours à la chirurgie.
Questions fréquentes sur le pessaire
Le pessaire est-il remboursé ?
Oui. Le pessaire bénéficie d'une prise en charge par l'assurance maladie lorsqu'un médecin ou un gynécologue le prescrit. Les modalités varient selon le modèle choisi. Renseignez-vous directement auprès de votre médecin ou de votre caisse d'assurance.
Combien de temps peut-on utiliser un pessaire ?
On peut utiliser un pessaire pendant plusieurs années. Il faut toutefois le remplacer régulièrement — généralement tous les 6 à 12 mois — selon son usure et l'évolution du prolapsus. Un suivi gynécologique régulier reste indispensable pour ajuster le traitement.
Peut-on faire du sport avec un pessaire ?
Oui, pour les activités à faible impact : marche, natation, yoga, vélo. Pour les sports à fort impact — course à pied, sauts, sports de contact — demandez l'avis de votre praticien. Dans certains cas, il est préférable de retirer le pessaire pendant l'effort.
Le pessaire provoque-t-il des infections ?
Non, à condition de bien l'entretenir. Un lavage quotidien à l'eau et au savon, combiné au retrait nocturne, suffit à prévenir tout risque. En cas d'irritation, de pertes inhabituelles ou d'inconfort persistant, consultez rapidement votre praticien sans attendre.
Le pessaire remplace-t-il la chirurgie ?
Pas toujours. Il constitue une alternative efficace pour les grades 1 et 2. En revanche, face à un prolapsus de grade 3 — extériorisé — la chirurgie reste souvent incontournable. Le pessaire peut alors jouer un rôle transitoire, en attente de l'intervention ou chez les patientes fragiles.
Vous portez un pessaire ou souhaitez en savoir plus sur le traitement du prolapsus ? Prenez rendez-vous au cabinet Selma Ostéopathe à Rabat pour un accompagnement global et personnalisé.